Liberté, Fraternité

Durant plus de deux mois, j'ai passé du temps dans divers lieux d'occupation des gilets jaunes autour de Carcassonne, dans l'Aude. Qu'est-ce qui les anime ? Comment s'organisent-ils ? Tout a commencé sur les ronds-points, devant les carrefours. Il s'en est suivi des réunions, puis la construction de camps, d'abord au niveau des péages, puis de façon plus légale devant des ronds-points. Tout cela dans un collectif prônant la non-violence.

L'Aude est un département français des plus pauvres de France, avec un taux de chômage constamment plus élevé que la moyenne nationale et un revenu médian très bas. Situé au Carrefour de grandes villes (Toulouse, Perpignan, etc.), de nombreux actifs font le choix de quitter le département. C'est la raison pour laquelle une majorité des habitants sont retraités : la jeunesse est attirée par les pôles économiques.

Les Audois sont touchés de plein fouet par toutes les problématiques énoncées par les gilets jaunes, notamment à cause de la désertification économique et médicale d'une zone fondamentalement rurale. La hausse du prix du carburant, base de la contestation, en est un exemple criant : comment ne pas utiliser sa voiture dans une région où il faut parfois parcourir des kilomètres simplement pour retirer de l'argent ? L'Aude représente parfaitement cette problématique contemporaine : la concentration des richesses.

Finalement, au-delà de la contestation, cette colère est un moyen pour ces personnes de se rencontrer, d'échanger et créer des amitiés. C'est ce que j'ai voulu mettre en images.